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La mosaïque de la Méduse

Besançon | Doubs | Musée des Beaux-Arts et d'Archéologie | 120
Antiquité | Gaulois et Romains

La mosaïque de la Méduse
© Musée archéologique de Saint-Romain en Gal/Vienne – Atelier de Restauration de mosaïques, cliché J. Gruel

Le décor d'une maison romaine

Cette mosaïque, datée du Ier siècle, recouvre à l’origine le sol d’une pièce de réception, dans la demeure luxueuse d’un riche habitant de Besançon au temps des Romains. Elle est composée de plusieurs panneaux géométriques, colorés et tous différents. La régularité de ses motifs et la finesse de leur réalisation montrent que l’artisan qui l’a conçue est expérimenté dans ce genre de décors. Au centre, le médaillon représente la tête de Méduse, personnage mythologique. Cette gorgone, avec des ailes et des serpents sur la tête, a le pouvoir de transformer en pierre quiconque croise son regard. Malheureusement, une partie de cette mosaïque est détruite et seul le haut du visage est conservé. La mosaïque de Méduse, découverte en 2004 à l’emplacement de l’actuel collège Lumière, vient compléter un ensemble remarquable de mosaïques ayant appartenu à une seule et même domus. La mosaïque de Méduse, avec ses 66 m2, décorait le sol d’une salle de réception secondaire, la salle principale faisant quant à elle près de 200 m2.

En savoir plus

Des motifs et de l’inspiration

Cette mosaïque a été découverte dans une domus. Cette riche demeure appartenait vraisemblablement à un haut magistrat de la ville et s’apparente plus à un palais qu’à une maison ordinaire. La présence à Besançon d’une telle demeure, richement décorée, montre bien l’impact d’une romanité solidement ancrée et acceptée par la société gallo-romaine. L’organisation de la domus correspond à un schéma commun aux grandes domus du monde romain selon des modèles issus de Campanie. En Gaule, on des exemples similaires à Saint-Romain-en-Gal ou à Limoges. Les domus sont des lieux de vie privée mais aussi publique. Le statut du maître de la maison l’oblige à organiser la réception de clientèles. Les mosaïques de cette demeure correspondent à la fin du IIe siècle de notre ère et montrent une qualité variable. L’artisan est excellent dans la réalisation des motifs géométriques. Leur variété et la finesse de leur réalisation (observable par exemple dans le motif de triangles concentriques autour du médaillon central) témoignent de son habileté et de son expérience. Le motif central est habituellement confié à un artiste extérieur. Ici, la maladresse du portrait de Méduse montre la médiocre qualité de cet artiste. On peut également penser que l’artisan des panneaux géométriques s’est peut-être essayé lui-même à la réalisation du motif figuratif. Les Gorgones sont des créatures fantastiques de la mythologie grecque. Elles habitent près du jardin des Hespérides. On représente les Gorgones comme des créatures féminines ailées, à la chevelure de serpents, aux mains de bronze ; elles ont le nez épaté, le cou protégé par des écailles, le regard étincelant ; elles tirent la langue et ont de grandes défenses de sanglier. Des trois sœurs appelées Gorgones, Euryalé, Sthéno et Méduse, la dernière, seule à être mortelle, est la plus fameuse, en raison de son pouvoir de pétrifier les humains qui rencontrent son regard. Sa fin tragique est célèbre : elle est décapitée par Persée et de son cou tranché jaillit le cheval ailé Pégase. C’est presque toujours Méduse qui apparaît figurée, dès l’époque grecque archaïque et durant toute l’Antiquité classique, dans une grande variété de contextes (vases, monnaies, intailles et camées, appliques de bronze ou de terre cuite, sculpture monumentale), mais sous des apparences très constantes.

Contexte

Les grands monuments des villes gallo-romaines fréquentés par la population sont des lieux de vie et de loisirs importants. La domus est un élément de la ville à la romaine. L'odéon est consacré à la lecture, aux déclamations et à la musique. Les Gallo-Romains y découvrent les grandes œuvres littéraires. Les théâtres peuvent être de grande taille. Celui de Lyon, alors appelé Lugdunum et capitale des Trois Gaules, accueille 10 500 spectateurs. Le théâtre d'Orange est remarquable car il a conservé, en arrière de la scène, son mur où se trouve une statue d'Auguste. Inspirées du théâtre grec, les représentations théâtrales romaines s'en écartent pourtant. Certaines pièces sont marquées par la grossièreté et la vulgarité. Les foules aiment se rendre au cirque situé à l'écart de la ville. C'est le lieu des courses de chars à quatre chevaux, les quadriges. Les attelages en compétition forment des factions qui peuvent s'identifier à des couleurs. À Lyon, on a retrouvé des médaillons d'applique célébrant le quadrige des « verts ». L'amphithéâtre est le lieu de spectacles très populaires : les combats de gladiateurs et les exécutions. Les thermes sont un élément essentiel de la vie quotidienne des villes de l'Empire romain. On s'y rend pour l'hygiène et la santé du corps. C'est aussi un lieu de rencontre où l'on peut voir ses amis, traiter des affaires, jouer aux dés ou pratiquer un sport. Un système ingénieux de chauffage par le sol permet, en plus des bains froids, d'y prendre des bains tièdes et chauds. Les thermes comportent également le sudatorium, pièce chaude destinée à la transpiration. Les villes sont un élément essentiel de la diffusion du mode de vie romain en Gaule.

Complément(s)

Image(s)

Mosaïque de Neptune sur un char

Mosaïque de Neptune sur un char.Fin du II ème siècle après JC – Besançon – 280 cm x 280 cm – Ce médaillon, à la figure centrale un peu gauche, figure le Triomphe de Neptune. Il s’insère dans un tapis à décor multiple composé de 44 carrés, probables reflets des caissons du plafond. L’ensemble du pavement couvre une surface de 200 m² et s’apparente aux productions bien identifiées des ateliers rhodaniens.

Document(s)

Raconte-moi… Besançon – Sur les pas des Gallo-Romains

L’tinéraire d’un enfant, de la citadelle à l’amphithéâtre ! Partez à la découverte de la ville antique de Besançon aux Ier et IIe siècles de notre ère !

© Ville de Besançon – Service du Patrimoine

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Raconte-moi… Besançon – Sur les pas des Gallo-Romains

Plan schématique de Besançon antique (extrait de la brochure)

© Ville de Besançon – Service du Patrimoine

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Vidéo(s)

De Vesontio à Besançon : Vesontio, cité romaine

Un film d’Antonio Gonzales, Agathe Legros, Annick Richard, Georges Tirologos – 9 minutes Production ISTA – PUFC, 2006 Et si vous empruntiez, en images de synthèse, les rues de Vesontio ?

© Presses universitaires de Franche-Comté, 2006

Site(s)

Plus de 2000 ans d’histoire à Besançon

L’INRAP a développé un site dédié à la ville de Besançon. 20 années d’archéologie préventive sont ainsi rassemblées et accessibles par thème, lieu ou époque. Une véritable mine !

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