Un bouclier d’apparat
Un bouclier d'apparat
Daté de 1558, ce bouclier de parade ou d’apparat n’avait pas une vocation défensive, mais il était utilisé lors de festivités urbaines. Ce bouclier en fibres végétales (66 x 47 cm) est recouvert à l’intérieur de cuir et sur la face extérieure d’une peinture à l’huile. Au dos, deux cordelettes, aujourd’hui disparues, permettaient de le maintenir en passant l’avant-bras dans l’une puis en fermant la main sur l’autre.
On ignore comment cette pièce considérée comme exceptionnelle a pu arriver dans les réserves du musée des Beaux-Arts de Dole. Un don ? Une acquisition ? Redécouvert par hasard dans les collections du musée en 2021, restauré en 2023 grâce à un mécénatFonction du mécène. Aujourd’hui, le mécénat existe toujours. Le mécène peut être une personne riche mais aussi une association, une collectivité locale ou une entreprise qui parraine et soutient financièrement des artistes ou une action artistique. On parle également de sponsor. privé, il est désormais exposé dans un caisson réalisé sur mesure, totalement étanche pour maintenir un taux d’hygrométrie stable.
Les boucliers de parade, encore conservés dans les collections publiques des musées, sont rares. Deux boucliers circulaires sont exposés en France, l’un au musée des Beaux-Arts de Lyon et l’autre au musée Unterlinden à Colmar.
En savoir plus
La scène peinte sur le bouclier représente un chevalier sur le point de franchir une rivière. Le pont est brisé et le cheval blanc semble se cabrer. Le chevalier, poursuivi par un soldat pointant sa lance, porte un casque, un haut de chausse et une grande cape rouge, couleur des Habsbourg. Ce chevalier serait-il une représentation de SaintChrétien déclaré exemplaire selon les règles de l’Eglise catholique. Les catholiques croient que les saints gardent le pouvoir, après leur mort, d’exaucer les prières et de faire des miracles en implorant Dieu au nom des croyants. Martin qui est très souvent représenté à cheval et partageant son manteau ? Dans le ciel, dans un halo blanchâtre, se trouve une lune rouge sur laquelle on peut voir les deux lettres grecques alpha et oméga.
Cette scène est accompagnée de deux inscriptions. La première, un dicton situé tout autour de la scène, indique la date : 1558. Entre chaque lettre, dans la partie supérieure du bouclier, le peintre a ajouté des motifs floraux très discrets. En bas du bouclier, dans un phylactère, se trouve la deuxième inscription. Il s’agit d’un quatrain composé par le poète François Habert. Le poète invite les hommes à ne pas désespérer dans les situations d’infortune. La traduction pourrait être : « Ne t’indigne pas des succès de ceux qui ne les méritent pas : la chance sourit aux méchants afin de pouvoir leur nuire ». Il semblerait donc que ce bouclier avait une dimension morale. A qui appartenait-il ? La provenance de ce bouclier reste pour l’instant une énigme.
Nos remerciements s’adressent à Paul Delsalle.
Hélène Geley, enseignante missionnée au Musée des Beaux-Arts de Dole
Cyril Aubertin, responsable du service des publics au Musée des Beaux-Arts de Dole
Contexte
Gouverner à l'époque moderne
En 1661, Louis XIV décide de gouverner seul. Son projet politique est de renforcer par tous les moyens l'absolutisme royal. Image de Dieu sur Terre, le roi tient son pouvoir de lui seul et ne doit rendre de compte qu'à lui. Il exerce une autorité sans partage.
Louis XIV met au point une machine gouvernementale toute à son service, organisée en différents conseils. Il s'entoure de ministres mais il décide seul. Il concentre entre ses mains tous les pouvoirs, exécutif, législatif et judiciaire. Sur simple lettre de cachet, il peut faire emprisonner qui il veut, comme il l'entend.
Les commissaires et les officiers royaux comme les intendants font exécuter ses ordres sur tout le territoire. Ce pouvoir peut faire face à des résistances locales et les révoltes, notamment antifiscales, sont nombreuses. Aussi les représentants de l’État passent-ils des compromis avec la société ; l’absolutisme sait être souple sur un si grand territoire très peuplé comme la France.
Au château de Versailles, par la splendeur des lieux, par le faste des fêtes et de la Cour, le Roi-Soleil met en scène sa propre gloire. La haute noblesse, qui y réside, ne vit plus que des faveurs et des pensions royales. Totalement dépendante du roi, elle ne peut plus s'opposer à la monarchie absolue.
Même s'il est régulièrement contesté au XVIIIe siècle, l'absolutisme reste en France, pour l'essentiel, une réalité jusqu'en 1789.
Complément(s)
Site(s)
Sur le site du Musée Unterlinden de Colmar, Bouclier d’apparat dit « des Ribeaupierre »
https://webmuseo.com/ws/musee-unterlinden/app/collection/record/294?vc=ePkH4LF7w6ieTEHVE1IAQtNxUn5pck5mahG4WoV5AwCFVhTT&lang=fr