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Saint Ferréol et Saint Ferjeux

Besançon | Doubs | Musée comtois | 212
Antiquité | Religions

Saint Ferréol et Saint Ferjeux
© Musée comtois de la Citadelle

Les martyrs Ferréol et Ferjeux

Ces deux statues peuvent paraître étranges avec leur tête sous le bras. Elles sont en bois polychrome, c’est-à-dire qu’elles ont plusieurs couleurs. Elles proviennent de l’église de Lavernay, village situé dans le Doubs et font référence à l’histoire de deux prêtres.
Vers 180, saint Ferréol et son frère saint Ferjeux, deux prêtres originaires de Grèce, auraient été envoyés à Besançon, qui s’appelait à l’époque Vesontio, pour tenter d’implanter le christianisme dans cette province gallo-romaine de Séquanie. À cette époque, les habitants de la région adorent encore les dieux gaulois et romains, “importés” lors de la conquête. Le pouvoir romain commence à poursuivre les adeptes de la nouvelle religion chrétienne. Les deux hommes sont arrêtés sur ordre du gouverneur romain, martyrisés et décapités en 212 : c’est pourquoi ils sont figurés ici portant leur tête, à l’image de nombreux autres saints qui sont représentés avec les instruments de leurs martyrs.

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Une basilique comme demeure

Le christianisme devient la religion officielle de l’Empire romain à la fin du IVe siècle. La christianisation se fait lentement. Les anciennes croyances restent présentes dans les traditions populaires et la symbolique, malgré les efforts de l’Église pour les effacer. Le culte des saints favorise l’enracinement de la nouvelle foi en succédant aux anciennes pratiques païennes. Saint Ferréol et saint Ferjeux sont ainsi canonisés par l’Église pour devenir les saints patrons de Besançon. Comme pour saint Denis à Paris, la représentation des martyrs décapités portant leur tête est traditionnelle : on les appelle les saints «céphalophores». Les deux martyrs bisontins auraient fondé un oratoire dans une grotte sur laquelle se aujourd’hui la basilique. Cette légende chrétienne est à l’origine du nom du quartier de Saint-Ferjeux.
L’église de Saint-Ferjeux est construite entre 1890 et 1900 sur la grotte qui existe encore dans la crypte de la basilique. Le bâtiment voit le jour grâce à la ténacité de l’abbé Rossignot. Le principal obstacle qu’il rencontre est la mort de l’architecte Ducat en 1898 alors que les travaux ne sont pas encore terminés. La basilique est construite en style romano-byzantin, très à la mode à la fin du XIXe siècle. Une coupole centrale surmonte la construction. La Franche-Comté, comme la France, bénéficie au XIXe siècle d’un phénomène sans précédent de construction ou de reconstruction d’édifices religieux. Cette église appartient au grand mouvement d’édification d’églises de pèlerinage. Aucun concours n’est véritablement mis en place, mais le projet d’édification de cette église suscite l’intérêt des architectes, actifs dans la région à cette époque. Ducat propose gratuitement les plans car le projet le touche en tant que croyant et constitue un bel aboutissement à sa carrière. L’architecte utilise exclusivement les matériaux locaux, par souci d’économie. Les carrières de Franche-Comté procurent alors des matériaux de qualité et des coloris variés.

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