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Robert Fernier, un soldat dans la guerre

Pontarlier | Doubs | 1915
Époque contemporaine | La guerre au XX ème siècle

© Archives du Doubs, 1R 876

Le parcours d'un soldat

La page du registre matricule de Robert Fernier décrit l’ensemble du parcours militaire de cet appelé qui, à dix-neuf ans, doit interrompre ses études à l’Ecole des Beaux-Arts de Paris pour rejoindre le front. En décembre 1914, comme de nombreux autres conscrits du Haut-Doubs, il est incorporé au quinzième bataillon de chasseurs à pied et il ne fut démobilisé que cinq ans plus tard, après avoir combattu dans les Vosges, à Verdun, dans l’Artois, la Somme, l’Aisne et en Champagne. Il y témoigne d’une bravoure qui lui vaut d’être récompensé par trois citations, par la médaille militaire et la croix de guerre. Durant la guerre, le seul répit du soldat Fernier se limita, en juillet 1915, à trois semaines de convalescence après qu’il fût blessé à la main par des éclats d’obus. La vie de soldat de ce futur peintre célèbre est mieux connue par le journal qu’il a tenu durant tout le conflit et l’abondante correspondance échangée avec sa famille et ses amis.

En savoir plus

Un document pour l’histoire

Un registre matricule est un document administratif tenu par l’armée dans lequel toute la carrière militaire de chaque appelé est inscrite. Le numéro de matricule attribué au soldat appelé sous les drapeaux est indissociable du service militaire instauré par la conscription. À partir de 1905, ce service d’une durée de deux ans au sein de l’armée active devient obligatoire pour tous les jeunes gens de sexe masculin. Après leur recensement en mairie à vingt ans, ils forment une « classe » identifiée par l’année où ils ont atteint cet âge. Le passage devant un conseil de révision installé au chef-lieu de canton permet de déclarer ceux qui sont aptes au service. Puis les bureaux de recrutement du ministère de la Guerre prennent le relais en immatriculant les conscrits qui sont incorporés dans l’armée. Les registres matricules des Poilus représentent neuf millions de fiches individuelles de conscrits. Chacune comporte des informations sur l’état civil de l’appelé, sur son niveau d’instruction, sa profession, sur son parcours militaire, sur les batailles auxquelles il a participé et ses affectations dans les corps de l’armée, sur ses éventuelles blessures et actions d’éclat et enfin sur les médailles ou décorations qu’il a reçues. Pour Robert Fernier, né à Pontarlier en 1895, la guerre constitua une longue et terrible parenthèse de cinq années dans une carrière d’artiste et d’éminent acteur de la vie culturelle régionale comme fondateur du Salon des Annonciades de Pontarlier puis du musée Courbet d’Ornans.
François-Xavier Laithier

Contexte

Combattre pendant la première Guerre mondiale : les poilus 

Des conditions de vie terribles 

Le quotidien du poilu dans sa tranchée est terrible : le froid, l'humidité, la boue, la faim, la soif, les poux, les rats et surtout la peur constante, la mort omniprésente.  
Les combats sont atroces, les corps pulvérisés par les gros calibres d’artillerie.  
Les pertes engendrées par les armes nouvelles issues de l'industrie sont considérables. À chaque assaut, un homme sur trois est tué ou atrocement mutilé. On dénombre après les trois jours de l'offensive du général Nivelle en 1917 40 000 tués et 90 000 blessés. Et les batailles n'ont jamais été aussi longues  : Verdun dure dix mois ! Les soldats, mais aussi les populations civiles, subissent ces violences physiques et psychologiques inouïes.  
Mais le conflit familiarise aussi les soldats et les peuples à ce degré de violence et aux morts innombrables. Il provoque des comportements toujours plus brutaux. Des anciens poilus ont expliqué l'effroi premier devant la mort, puis peu à peu une habitude, voire un plaisir difficilement avouable de la donner. Ce consentement à la violence et à la mort subies et données a été nommé par les historiens « l'ensauvagement » ou la « brutalisation ». 
Il explique en partie la violence politique de l'Entre-deux-guerres qui s'épanouit dans les mouvements fascistes et nazis. 

Complément(s)

Site(s)

Mémoire des hommes

Mémoire des hommes est destiné à mettre à la disposition du public des bases de données réalisées à partir de la numérisation et de l’indexation de fiches biographiques conservées par le ministère de la Défense. Il a également pour vocation d’honorer la mémoire de celles et ceux qui ont participé ou donné leur vie au cours des conflits de l’époque contemporaine.

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