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Portrait en buste d’une concubine impériale, Jean-Denis Attiret

Dole | Jura | Musée des Beaux Arts de Dole | 1750
Époque moderne | L'Europe et le monde

(c) Musée de Dole

Jean-Denis Attiret (1702-1768) est issu d’une famille d’artistes, comprenant des peintres, sculpteurs et architectes originaires de Dole. Après un apprentissage dans l’atelier de son père, Jean-Claude Attiret (1669-1733), menuisier et peintre, Jean-Denis quitte sa ville natale à l’âge de 33 ans pour Avignon, où il entre dans l’ordre des Jésuites. Peu de temps après, il est envoyé en mission auprès de l’Empereur de Chine, Quianlong (1736-1797). Il devient alors peintre de cour sous le nom de Wang Tch-tch’eng et passe 30 ans dans la résidence jésuite du Pé-Tang, au cœur de la Cité interdite. Dans ce cadre impérial, il se voit contraint d’adopter les techniques de l’art chinois afin de répondre aux exigences impériales : il apprend de nouvelles formes iconographiques et se familiarise avec des supports innovants tels que la soie, le papier huilé ou encore la gaze. Aux côtés d’autres artistes européens comme le peintre italien Giovanni Castiglione, Attiret mêle avec succès influences chinoises et européennes, ce qui rencontre un grand succès en Chine.

En savoir plus

Le portrait en buste d’une concubine impériale fait partie d’une série de 200 portraits réalisés par Jean-Denis Attiret, comprenant des effigies de concubines impériales et de dignitaires mongols. Cette œuvre, entrée au musée en 2001, est une huile sur papier représentant Ulanara, future impératrice après le décès de la première femme de l’Empereur Qianlong. La jeune femme est coiffée d’une toque en fourrure de loutre, ornée d’une perle en son sommet, avec un bijou frontal, et porte des boucles d’oreilles traditionnelles en perles de Mandchourie. Elle est vêtue d’une « robe au Dragon », symbole de la puissance impériale. Les robes jaunes en soie, décorées d’un dragon à cinq griffes et à tête cornue, sont réservées à l’empereur, à l’impératrice et aux principales concubines. Ces vêtements ne sont pas seulement des symboles de statut ; ils sont aussi censés apporter la chance au peuple. La richesse des vêtements et des accessoires témoigne de la parfaite maîtrise de Jean-Denis Attiret de la symbolique du costume chinois. Ce portrait est typique des œuvres réalisées à la cour de l’Empereur Qianlong, un style partagé par Attiret et Giovanni Castiglione, ce qui rend parfois l’attribution de cette œuvre complexe.
Par sa beauté mystérieuse, cette concubine est parfois surnommée « La Joconde du musée des Beaux-Arts de Dole ». En 2017, le réalisateur français Charles de Meaux lui donne vie dans le film Le Portrait interdit, qui suscite un grand intérêt tant du public que des chercheurs.
Hélène Geley, enseignante missionnée au Musée des Beaux-Arts de Dole
Cyril Aubertin, responsable du service des publics au Musée des Beaux-Arts de Dole

Contexte

L'Europe et le monde au XVIIIe siècle

Depuis le XVIe siècle, l'Europe a pris pied sur tous les continents et chaque grande puissance possède des territoires qui forment des colonies. La France et le Royaume-Uni comptent parmi les principales puissances coloniales. Les rivalités entre ces puissances s’accroissent. Au début du XVIIIe siècle, les navires européens circulent avec de nombreux produits. Le commerce triangulaire se développe.

Cette ouverture sur le monde influence le mode de vie des Européens. Les récits de voyage donnent naissance à l'étude des peuples, tandis que les philosophes opposent à l'Européen, corrompu par la civilisation, le bon sauvage des îles. On dit parfois que les Européens ont amorcé là une première mondialisation. Certains paysages européens changent, comme en témoigne le développement des ports atlantiques à Bordeaux, Nantes, etc.

Cependant, ce n'est pas l'ensemble du continent européen qui est concerné par ces évolutions.

Des marins comme James Cook continuent d’explorer le monde. Ils ont des objectifs précis à leurs expéditions. Lors de son troisième voyage par exemple, il recherche les possibilités d'un passage par le nord-ouest. Ce trajet permettrait de se rendre plus rapidement en Asie. James Cook cherche longuement mais ne trouve rien à cause des glaces. Il faudra attendre le XXe siècle pour que ce chemin soit emprunté.

Complément(s)

Site(s)

« Le Portrait interdit » : la subversion d’un tableau
Le plasticien et cinéaste Charles de Meaux transporte les spectateurs en 1768, à la cour de l’empereur de Chine.
https://www.lemonde.fr/cinema/article/2017/12/20/le-portrait-interdit-la-subversion-d-un-tableau_5232177_3476.html

Melvil Poupaud joue Jean-Denis Attiret, Dolois devenu peintre officiel à la Cour impériale de Chine
https://actu.fr/bourgogne-franche-comte/dole_39198/melvil-poupaud-joue-jean-denis-attiret-dolois-devenu-peintre-officiel-cour-imperiale-chine_14610956.html

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