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L’usine miniature

Le Creusot | Saône-et-Loire | Musée de l'homme et de l'industrie | 1910
Époque contemporaine | L'âge industriel

Crédits : Daniel BUSSEUIL, Ecomusée Creusot Montceau, 2016

Située dans une des salles du Musée de l’Homme et de l’Industrie, cette maquette présente une reconstitution animée des ateliers des usines du Creusot à l’époque des Schneider. Elle a été conçue par Joseph Beuchot entre 1890 et 1910. Grande de 2 mètres par 5 mètres, elle est animée par 38 automates et présente les différents postes de travail et les différentes machines de l’époque.

Joseph Beuchot a reproduit le plus justement possible l’aménagement des ateliers des forges Schneider et les conditions de travail des ouvriers. Au tournant du XXème siècle, et malgré l’utilisation constante de la vapeur et l’apparition de l’électricité, la force humaine est toujours nécessaire. Les hommes sont peu protégés et surveillés sans relâche par le contremaître.

Avant d’être acquise par l’Ecomusée en 1983, l’usine miniature était présentée par Joseph Beuchot et ses fils dans les foires et les fêtes foraines.

En savoir plus

Une maquette pour illustrer les conditions de travail

L’usine miniature peut être présentée en trois parties distinctes :

  • Dans l’une d’elles, les ouvriers travaillent, essentiellement manuellement, de petites pièces et fabriquent des outils,
  • Au centre, on peut voir la grande forge avec son marteau-pilon, les laminoirs et les différentes machines à vapeur,
  • La dernière partie est dédiée à l’atelier de la menuiserie, nécessaire à la réalisation des caisses de transport pour les pièces réalisées.

Dans cette maquette, on voit que quelques rares sabots ou tabliers de cuir constituent les seules protections des ouvriers. Le rôle du contremaître est illustré par de nombreux détails tels que l’inscription « Soyez brefs » sur les toilettes. A l’époque, et de façon pas toujours juste, le moindre manquement ou retard pouvait être sanctionné d’une amende ou d’un blâme.

Dans le même ordre, Joseph Beuchot fait référence aux manifestations et grèves qui se déroulent à la fin du XIXème siècle au Creusot. Ainsi, on peut y voir un personnage qui lit « La gueule noire », un journal contestataire de l’époque.

Contexte

Le monde ouvrier

Le monde ouvrier vit au début de l'industrialisation dans une grande misère qui contraste avec l'aisance de la bourgeoisie. Le paroxysme est atteint dans les années 1830-1840. Les familles touchent des salaires journaliers juste au niveau du minimum vital. Le temps de travail n'est pas réglementé. Avant les lois limitant le travail des enfants, il n'est pas rare de voir des petits ouvriers âgés de 8 ans travailler jusqu'à 16 heures par jour ! Dans les ateliers comme dans les villes industrielles, on respire un air chargé de fumée et de particules toxiques.

Des médecins rédigent des rapports qui montrent les conditions sanitaires épouvantables des familles ouvrières de cette époque. Les logements sont insalubres et surpeuplés. Les familles habitent dans les greniers ou les caves. À Londres, la classe ouvrière s'entasse dans de véritables taudis. Le rachitisme des enfants est fréquent. Devant ces aspects les plus révoltants, l'État intervient timidement. En 1841, le travail des enfants de moins de 8 ans est interdit en France. Des patrons mènent une action paternaliste. Ils assurent le logement et une certaine protection sociale à leurs ouvriers. Globalement, la vie ouvrière reste cependant très dure.

Il faut néanmoins se garder d'une vision trop misérabiliste de la condition ouvrière au XIXe siècle. Cette classe sociale développe une sociabilité et des solidarités qui lui font peu à peu prendre conscience d'elle-même et de ses intérêts. Une véritable culture ouvrière s'affirme. Elle se caractérise par la fréquentation des cafés, les promenades, des fêtes, mais aussi la mise en place de caisses mutuelles de solidarité contre les risques de l'existence et de bourses du travail. Les luttes ouvrières s'organisent. Ces combats ouvriers et les pressions syndicales et politiques contribuent à améliorer les conditions de vie et de travail au cours du XIXe siècle. Les ouvriers se nourrissent mieux. La hausse des salaires permet à certains d'acheter des biens de consommation.

Complément(s)

Image(s)

 

Maquette animée de Joseph Beuchot. L’usine miniature avec un point d’intérêt particulier : à gauche, un laminoir, à droite machine à vapeur corliss

Crédits : Agence Com’air, Joseph Albert Beuchot et  Pierre FLEURY, 2019

 

 

 

L’Usine miniature ou les forges et ateliers de construction du Creusot, maquette animée de Joseph Beuchot. Au premier plan, on peut étudier des ouvriers mécaniciens (ajusteurs) avec, à l’arrière, le feu de forge

Crédits : Agence Com’air, Joseph Albert Beuchot et  Pierre FLEURY, 2019

 

 

 

Site(s)

Pour en savoir plus sur le Musée de l’Homme et de l’Industrie, le site de l’Ecomusée Creusot Montceau

Château de la Verrerie – Accueil (chateau-verrerie-creusot.fr)

Pour consulter des documents conservés dans le centre de documentation de l’Ecomusée :

Centre de ressources documentaires de l’Ecomusée Creusot Montceau (ecomusee-creusot-montceau.fr)

L’usine miniature

Cette maquette présente une reconstitution animée des ateliers des usines du Creusot à l’époque des Schneider. Elle a été conçue par Joseph Beuchot entre 1890 …
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