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L’Hôtel de Champagney

Besançon | Doubs | 1565
Époque moderne | Le temps des rois

L'Hôtel de Champagney
© Ville de Besançon

Une riche demeure

Voici la cour intérieure d’un hôtel particulier construit au début de la Renaissance par une riche famille de notables bisontins, les Bonvalot. De 1560 à 1565, Nicole, fille de Jacques Bonvalot et veuve de Nicolas Perrenot de Granvelle, premier conseiller et garde des sceaux de Charles Quint, fait remanier les locaux et aménager la cour par l’architecte Richard Maire. Ce bâtiment est donc la demeure somptueuse de personnages importants. Cet hôtel particulier sert évidemment d’habitation, mais est également un moyen de montrer sa richesse et son pouvoir. Une façade donne sur la rue et l’autre sur cette cour intérieure avec des galeries en bois sculpté comme la mode le voulait dans les demeures de la Renaissance. Elle conserve des éléments utilisés déjà à l’époque médiévale : au sommet de la façade, se nt des gargouilles. Ces éléments sculptés n’avaient pas seulement un rôle décoratif puisqu’ils servaient, en tout premier lieu, à l’évacuation des eaux de pluie. Ce sont les ancêtres des chêneaux.

En savoir plus

Du Moyen Age à la Renaissance

Cet hôtel est bâti pour Jacques Bonvalot, seigneur de Champagney. Commencé au début du XVIe siècle, il allie des éléments médiévaux et Renaissance. Cet hôtel particulier montre ainsi que la période du Moyen Âge ne s’est pas arrêtée de manière brutale. Sa grande façade encore gothique est percée de fenêtres en accolade qui sont disposées de façon irrégulière. Le rez-de-chaussée a été remanié pour y percer des vitrines de magasin. On peut toutefois remarquer au-dessus de « l’amicale des pêcheurs » les trois arcs en accolade vestiges des fenêtres qui perçaient la façade. Outre ces arcs, les fenêtres sont encore très moyenâgeuses avec les meneaux verticaux qui les scindent en deux. La façade est divisée horizontalement par un cordon mouluré qui délimite les différents étages. La partie supérieure de la façade s’orne de quatre belles gargouilles, les dernières conservées à Besançon et qui représentent, de gauche à droite : un lévrier, un lion, un griffon (refait à l’identique) et un chien-mouton. De cette époque datent le passage voûté d’arêtes, les galeries à colonnes de bois aux ordres superposés (dorique, ionique et composite) ainsi que les colonnes toscanes de pierre, surmontées de consoles à volutes du portique. Sur ces volutes figurent la date de fin des travaux (1565) et l’écu des Bonvalot martelé à la Révolution. Cet ensemble est caractéristique de la tradition comtoise des galeries et escaliers ouverts sur cours. Sur la porte donnant accès à l’escalier en vis, on peut remarquer la date de début de travaux (1560) ainsi que l’ancien sceau des Bonvalot restauré en 1966, mais losangé comme il convenait à une veuve. L’ensemble de la cour et des galeries a bénéficié d’une restauration, qui redonne à l’édifice sa splendeur d’antan.

Contexte

L’urbanisme médiéval Les villes médiévales sont souvent entourées de remparts. A l'intérieur, les rues sont sinueuses, rarement pavées. Il n'y a pas de trottoir. Paris, où le roi Philippe Auguste fait paver les rues pour embellir sa ville, est une exception. Il reste dans ces cités de nombreux espaces non bâtis qui sont cultivés (jardins, clos de vignes...). Les maisons, de bois et de torchis, souvent à colombages, s'entassent le long des rues étroites et sombres. Leurs étages en encorbellement sont plus larges que leur base au rez-de-chaussée. Ces demeures qui comptent en général deux à trois étages logent plusieurs familles. • Les fléaux de la ville au Moyen Âge L'hygiène est un grave problème pour la ville médiévale. La chaussée est vite boueuse. Il n'y a pas d'égout : détritus et eaux usées sont jetés par les fenêtres. Ils s'écoulent dans une rigole au centre de la rue. Les épidémies font des ravages. Les incendies frappent souvent les villes où le bois est le principal matériau de construction. • L’habitat des riches, nobles et bourgeois Seuls les plus riches construisent en pierre. En France, à la fin du XVe siècle, la brique, la tuile et l'ardoise sont d'usage plus fréquent. Le confort s'accroît, même pour les simples citadins. Des demeures aux fenêtres plus grandes se dotent de vitrages, souvent en forme de losanges. Les sols sont pavés. Certains s'équipent de fosses d'aisance et de latrines (toilettes). Chez les riches bourgeois et les nobles, l'habitation est partagée entre la salle et les chambres. Au rez-de-chaussée, la salle, dotée d'une grande cheminée, est consacrée aux fêtes, aux banquets et aux réunions de famille. Un escalier à vis mène à l'étage où se trouvent une ou plusieurs chambres. La chambre n'est pas encore une « chambre à coucher ». C'est un espace privé polyvalent, où l'on dort mais aussi où l'on travaille, lit, dîne, et où l'on reçoit. • Les édifices publics et religieux Aux habitations s'ajoutent les édifices publics et religieux, construits en pierre : cathédrale, églises, hôtel de ville et beffroi, halles, grande place...

Complément(s)

Image(s)

Plan ancien de Besançon de 1575

Plan ancien de Besançon de 1575. Vue cavalière de Besançon par Pierre d’Argent en 1575. Eau forte coloriée. Bibliothèque municipale de Besançon, GeC Besançon 8.4 Cette vue a été gravée par Hans Rudolf Manuel et dessinée par Pierre d’Argent, probablement avant 1571, publiée pour la première fois en 1572 ; il s’agit ici d’une version légérement remaniée parue en 1575. Cette représentation de Besançon comporte quelques éléments surprenants, par exemple le tracé trop sinueux de la la grande rue centrale, ou la double muraille depuis la porte de Charmont : les deux longs murs, séparés par une rangée de jardins potagers, ne se retrouvent pas sur les vues ultérieures.

Une gargouille de l'hôtel de Champagney

Une gargouille de l’hôtel de Champagney.

 

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