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L’exceptionnel vase diatrète d’Autun

Autun | Saône-et-Loire | 300
Antiquité | Gaulois et Romains | Religions

© Bérénice Bétend-Desgranges, Inrap

Le vase diatrète

Le vase diatrète découvert par l’Inrap dans une nécropole paléochrétienne à Autun revient aujourd’hui dans sa ville d’origine après une restauration. Des analyses d’imprégnation révèlent qu’il contenait de l’ambre gris, une substance aromatique très rare et précieuse, jusqu’alors jamais attestée dans un contexte aussi ancien. En 2020, l’Inrap, en collaboration avec le Service Archéologique de la Ville d’Autun (Saône-et-Loire) a fouillé, sur prescription de l’État (Drac Bourgogne-Franche-Comté), une partie de la nécropole située à proximité de l’ancienne église paléochrétienne de Saint-Pierre-l’Estrier. Un sarcophage de pierre a livré un remarquable vase « diatrète », daté du IVe siècle de notre ère. Complet mais très fragmenté, celui-ci a été confié au Römisch-Germanisches Zentralmuseum à Mayence (Allemagne). Après restauration et étude, cette pièce exceptionnelle est à présent de retour à Autun.

 

 

En savoir plus

La nécropole des premiers chrétiens d’Autun

La nécropole dans laquelle a été découvert le vase diatrète fonctionne du début du IIIe siècle jusqu’au milieu du Ve siècle, l’essentiel des tombes datant du IVe siècle. Les textes anciens nous indiquent par ailleurs que les premiers évêques d’Autun étaient inhumés dans ce vaste espace funéraire de trois hectares. Parmi les défunts, se trouvaient ainsi probablement des chrétiens mais aussi des individus issus d’autres religions antiques. Une quinzaine de cercueils en plomb et six sarcophages en pierre ont été retrouvés. Ceux-ci contenaient très peu de mobilier mais il s’est révélé prestigieux : tissu d’or et de pourpre, épingles en ambre, bijoux en or. La plus belle pièce est sans doute le vase diatrète, trouvé aux pieds d’un défunt.

Un vase d’exception

Sur les quelques vases diatrètes recensés, rares sont ceux découverts en contexte archéologique. Ces chefs-d’œuvre de l’art verrier romain, sculptés dans un bloc de verre, nécessitaient plusieurs mois de travail à un verrier chevronné. Bien de prestige, ce vase a été offert à un personnage important, probablement proche du pouvoir impérial. Ce petit bol de 15 cm de diamètre pour 12,6 cm de haut penche légèrement sur le côté et son bord n’est pas parfaitement circulaire. Une inscription latine VIVAS FELICITER (« Vis avec félicité »), surmontée d’une collerette à décor d’oves (motif en forme d’œuf), se développe sur le bandeau central. Un réseau filigrané de huit ovales en forme de cœur avec une rosette circulaire forme le pied du vase.

L’inscription, constituée de grandes lettres en relief, trouve de rares comparaisons dans le monde antique. À une exception près, les lettres sont très bien conservées, un séparateur en forme d’arc nervuré ou de ‘V’ marquant la fin de la phrase. Le vase présente un étonnant défaut : la lettre C semble en effet avoir été ajoutée ultérieurement. Le verre dans lequel est réalisée cette réparation est chimiquement identique mais visuellement différent par son aspect mat, presque laiteux. Un accident s’est produit lors de la fabrication de la lettre. Du verre a alors été fondu pour remplacer le C, ce qui a probablement contribué à l’aspect inhabituel ainsi qu’à la texture du verre. Disparu durant l’Antiquité il n’en subsiste qu’une petite partie.

Le plus ancien ambre gris au monde

Le vase était probablement présenté à l’aide d’un dispositif qui assurait sa stabilité afin de préserver son contenu. Pour en connaître la composition, des analyses d’imprégnation ont été réalisées. Elles révéleraient un mélange d’huiles, de plantes et de fleurs ainsi que de l’ambre gris. Concrétion intestinale de cachalot, l’ambre gris est généralement collecté sur les plages. Son origine a longtemps été débattue, avant d’être comprise au cours du XVIIIe siècle. Ce produit extrêmement rare et précieux, parfois dénommé « truffe de mer » ou « vomis de baleine » est utilisé pour ses propriétés aromatiques et médicinales. Aetius d’Amida, médecin grec vivant au tournant des Ve-VIe siècles de notre ère, le mentionne comme composant d’une recette de « nard », parfum destiné à l’église. Les analyses réalisées sur le vase diatrète en font actuellement la plus ancienne preuve archéologique de l’utilisation de cette substance très rare.

Nicolas Lombard, d’après l’Inrap, https://www.inrap.fr/l-exceptionnel-vase-diatrete-d-autun-contenait-de-l-ambre-gris-16057

 

 

 

Contexte

Croire et prier : les premiers chrétiens 

Les chrétiens sont monothéistes. Ils croient que le Dieu d'Israël est le Dieu unique de tous les hommes. Ils se distinguent des juifs car ils affirment que Jésus est le Christ, le Messie annoncé dans la Bible hébraïque. Ils enseignent que Jésus est le Fils de Dieu venu sauver les hommes par son message, sa mort et sa résurrection. Pour les chrétiens, sa mort sur la croix rachète les hommes de leurs péchés. C'est pour cela que la croix est le symbole du christianisme. 

Les premiers chrétiens essaient de suivre l'enseignement du Christ qui prône l'amour de Dieu et du prochain pour accéder à la vie éternelle. Leur livre saint est la Bible qui rassemble les écritures juives (Ancien Testament) et chrétiennes (Nouveau Testament). 

On devient chrétien par le baptême. Le culte essentiel de cette religion qui a lieu le dimanche est la communion au pain et au vin, en mémoire du sacrifice de Jésus-Christ sur la croix. 

Le christianisme, né dans la province romaine de Palestine, s'est répandu dans tout l'Empire. Sa présence est attestée en Gaule au IIe siècle. 

Les chrétiens sont persécutés par les autorités romaines, notamment parce qu'ils refusent, au nom du monothéisme, de participer au culte impérial. 

En 177 apr. J.-C. à Lyon, une cinquantaine de chrétiens, originaires pour la plupart d'Asie mineure, sont exécutés. Pour les chrétiens, ces personnes qui meurent pour leur foi sont des martyrs. Parmi ceux de Lyon, il y a la légendaire Blandine et l'évêque Pothin. La mémoire des martyrs est à l'origine du culte des saints dans le christianisme. 

Le successeur de Pothin, Irénée de Lyon, compose les premiers écrits chrétiens de Gaule à la fin du IIe siècle. 

Au IVe siècle, saint Martin, un ancien officier romain devenu chrétien puis évêque de Tours, répand le christianisme dans les campagnes. À la même époque, saint Hilaire de Poitiers définit dans ses œuvres la doctrine chrétienne. C'est durant ce siècle que le christianisme cesse d'être persécuté et devient la religion officielle de l'Empire romain. 

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