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Les poteaux d’exécution

Besançon | Doubs | Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon | 1943
Époque contemporaine | La guerre au XX ème siècle

Les poteaux d’exécution
© Musée de la résistance et de la déportation

Les poteaux de la mort

Pendant l’Occupation allemande, la Citadelle sert de lieu d’exécution. C’est pour cela que sont installés quatre poteaux entre le puits et la chapelle Saint-Étienne. Cent Résistants, condamnés par les Allemands sont fusillés là entre le 28 avril 1941 et le 18 août 1944. Parmi eux on compte quatre-vingt-sept Français, cinq Espagnols, deux Italiens, un Luxembourgeois, un Suisse et un Polonais. Le dimanche 26 septembre 1943, parmi les seize membres du groupe de Résistants « Guy Môquet » fusillés, Henri Fertet n’a que 17 ans.
Voici ce qu’il écrit à ses parents :
« Chers parents,
Ma lettre va vous causer une grande peine, mais je vous ai vu si plein de courage que je n’en doute pas vous voudrez bien encore le garder ne serait-ce que par amour pour moi. Adieu la mort m’appelle. Je ne veux ni bandeau, ni être attaché. Je vous embrasse tous. C’est dur quand même de mourir.
Un condamné à mort de 16 ans. Excusez les fautes d’orthographe, pas le temps de relire. Expéditeur Monsieur Henri Fertet, au ciel, près de Dieu. »

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Le groupe Guy Môquet

Les Résistants capturés par les Allemands sont emprisonnés à la prison de La Butte. Les interrogatoires ont lieu dans les locaux de la Gestapo rue Lecourbe. Et c’est donc à la Citadelle que les sentences de mort sont exécutées.
Le groupe Guy Môquet est un groupe de Résistants originaires du village de Larnod, près de Besançon. Organisé par Marcel Simon, jeune agriculteur, un groupe de jeunes refusant la défaite et l’armistice se constitue dès 1940. Ce n’est qu’en mars 1943, après des premières actions symboliques, que le groupe rentre dans l’organisation des Francs Tireurs et Partisans. Il est alors baptisé groupe Guy Môquet en l’honneur du plus jeune fusillé de Châteaubriant en représailles à l’attentat perpétré quelques jours avant contre un officier Allemand à Nantes. Sur trente et un membres qui composent le groupe, dix-huit sont âgés de vingt ans au plus. Arrêtés en juillet 1943, seize d’entre eux sont fusillés à la Citadelle le dimanche 26 septembre. Les autorités allemandes leur attribuent trente et une opération, principalement des sabotages de voies de communication mais aussi des attentats contre des militaires allemands ou des collaborateurs et sympathisants, ainsi que des vols de tickets d’alimentation. Henri Fertet est condamné entre autres pour l’attentat contre l’inspecteur des douanes Rothe, le 12 juin 1943.
En juillet 1943, vingt-trois membres du groupe sont arrêtés en plusieurs fois. Leur procès se déroule du 15 au 18 septembre, seize d’entre eux sont fusillés le 26, et parmi eux Henri Fertet. Les autres sont condamnés à des peines de trois à quinze ans de prison.

Contexte

Combattre et résister au temps de la Seconde Guerre mondiale 

Les résistants de l'intérieur contre l’occupant nazi s'organisent en réseaux d'évasion et de renseignements pour les Alliés. Plus tard, ils mettent en place de la même manière des filières d'évasion à partir des frontières pour les juifs menacés de déportation. Ils diffusent des tracts et des journaux clandestins qui dénoncent les mensonges de la propagande des nazis ou du gouvernement de Vichy. 

Des organisations structurées naissent en zone occupée comme les mouvements Ceux de la Résistance, Défense de la France, Libération-Nord, et dans la zone Sud, Combat, animé par Henry Frenay, Libération-Sud avec d'Astier de la Vigerie et Franc-Tireur... 

En 1941, le Parti communiste entre dans la Résistance après l'invasion de l'URSS par l'Allemagne nazie. Il apporte à la Résistance son expérience de la clandestinité, son sens de l'organisation et ses nombreux militants motivés par leurs idées politiques. Les communistes et leur organisation militaire (Franc-Tireurs Partisans) organisent des attentats contre les Allemands, notamment des officiers. En représailles, les forces d'occupation exécutent des otages. Après 1943, de nombreux jeunes qui refusent le STO, service de travail obligatoire à effectuer en Allemagne, viennent grossir les rangs de la Résistance. Les maquis se développent. 

Les attentats contre les transports de troupes et de marchandises vers l'Allemagne se multiplient. C'est la bataille du rail. 

La répression allemande, aidée par les collaborateurs de Vichy, est impitoyable ; les résistants sont pourchassés, torturés, exécutés ou déportés. 

Complément(s)

Image(s)

Portrait d'Henri Fertet

Portrait d’Henri Fertet.© Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.

Document(s)

Lettre d’Henri Fertet (26 septembre 1943)

Après 87 jours d’emprisonnement et de torture, Henri Fertet, jeune résistant âgé de 16 ans, est fusillé à la Citadelle de Besançon le 26 septembre 1943. Avant de mourir, il rédige une lettre à ses parents.

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