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Les cahiers de doléances de 1945

Vézelois | Territoire de Belfort | Archives départementales du Territoire de Belfort | 1945
Époque contemporaine | République et vie politique XIXe-XXe siècles

© Archives départementales du Territoire de Belfort ADTB, 91 W 1

Afin de préparer les Etats généraux de la Renaissance française, devant se réunir dès le 10 juillet 1945, à l’initiative du Conseil national de la Résistance, le Comité départemental de Libération envoie à chaque comité local de libération, un questionnaire destiné à recueillir les vœux des citoyens. Passée l’euphorie des premières heures de la libération, ils ont ainsi pu exprimer leurs attentes en cette période de refondation républicaine. La restitution s’est faite sous forme de cahiers de doléances. Les habitants de Vézelois, petite commune du Territoire de Belfort, se sont prêtés à cet exercice en soulignant le parallèle avec les cahiers de 1789, en précisant toutefois le délai très court qui leur était octroyé dans une période où les préoccupations des habitants, liées aux travaux agricoles, ne permettraient pas une consultation très large. Une dizaine de thèmes sont abordés, du retour de la démocratie aux questions économiques. La première demande porte sur une révision de la constitution de 1875 et insiste sur le mode de suffrage. Les femmes qui par le décret du 21 avril 1944 viennent d’obtenir le droit de vote ne sont pas évoquées. En revanche, il est suggéré l’adoption d’un suffrage familial, qui donnerait au père de famille autant de voix qu’il a d’enfants.

En savoir plus

Le Comité de Libération (CDL) est installé dans le Territoire de Belfort au printemps 1944, appliquant ainsi l’ordonnance du 21 avril portant sur l’organisation des pouvoirs publics en France à la Libération. S’appuyant sur des comités locaux (à l’échelle des cantons), il doit assurer l’administration civile en attendant la libération du territoire belfortain et le rétablissement des institutions « officielles ». Composé de représentants des mouvements de Résistance et de personnalités issues des différentes tendances politiques du moment, il compte treize membres à l’automne 1944 dont une femme, Madeleine Gaudot. Présidé par Henri Chaignot (mouvement « Lorraine ») et Marcel Braun (MRP), il œuvre aux côtés du préfet Lucien Laumet, nommé dans la clandestinité le 24 aout 1944 et installé le 1er novembre dans une ville encore occupée. Une douzaine de commissions sont chargées de régler les questions prioritaires, notamment celles liées au ravitaillement et à l’épuration extra-judiciaire, pour mettre un terme aux règlements de compte et aux exécutions sommaires.
En mai 1945, interpellé par une photographie publiée dans le journal L’Alsace, montrant les conditions de vie à Dachau, Henri Chaignot décide d’organiser une expédition pour rapatrier les Belfortains encore internés en Allemagne. Lucien Laumet signe le 18 mai un ordre de mission permettant la réquisition de deux autocars et de vivres. C’est le 19 mai 1945 que le convoi quitte Belfort sous la direction de Henri Chaignot et Marcel Braun, dont le fils fait partie des déportés détenus à Dachau. Cette mission, permettant le rapatriement de 48 déportés, sera de retour à Belfort le 28 mai. Un reportage photographique réalisé par le docteur Braun et un compte rendu rédigé par l’abbé Frezzard, témoignent de ce voyage vers l’enfer des camps. Marcel Braun revient sans son fils, décédé avant la libération du camp.

Contexte

Durant les Trente Glorieuses, la population connaît une forte croissance, due au baby-boom et à l'immigration. Parallèlement, l'exode rural s'accélère : Le nombre de paysans baisse de 1946 à 1975 de 7 à 2 millions. Les villes se développent donc considérablement : entre 1954 et 1975, elles gagnent 13 millions d'habitants. Pour répondre au besoin de logements, les banlieues des villes s'équipent de grands ensembles dont les appartements offrent tout le confort moderne. Si depuis la crise des années 80, ces cités sont vues comme des quartiers en difficulté, les « barres » et les « tours » des années 50-60 sont perçues à l'époque comme un progrès. A Nanterre, les immeubles remplacent des bidonvilles où s'entassaient des travailleurs pauvres, immigrés. Sarcelles devient le modèle de cet urbanisme. A proximité de ces grands ensembles s'installent les grandes surfaces : le premier hypermarché Carrefour ouvre en 1963 à Sainte-Geneviève-des-Bois dans l'Essonne. Le paysage caractéristique des banlieues est en train de naître.

Complément(s)

Image(s)

A l’automne 1944, alors que le Territoire de Belfort n’est pas encore libéré, le Comité de Libération édite une proclamation à l’intention des belfortains. Il les enjoint à garder l’espoir d’une libération proche, à commémorer le souvenir de ceux qui ont combattu l’ennemi ainsi que celui des prisonniers et déportés en Allemagne dont le sort reste encore inconnu. Il énonce ses objectifs : soutenir la Résistance pour les derniers combats, mettre en place l’épuration et refonder la République derrière le général De Gaulle, en insistant sur la diversité des sensibilités politiques, religieuses ou philosophiques qui composent le CDL.
© Affiche du Comité de Libération, 1944, ADTB, 11 fi 3.

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