retour

Le sceau équestre d’Etienne de Montcley

Avrigney | Haute-Saône | Archives de Haute-Saône | 1294
Moyen Âge | Sociétés médiévales

© Archives départementales de Haute-Saône

 

Le sceau d’Etienne de Montcley est représentatif des sceaux équestres. On trouve dessus un chevalier qui galope vers la droite. Il porte son bouclier au bras gauche et il brandit son épée de la main droite. Son cheval est carapaçonné, c’est-à-dire qu’il porte une housse d’ornement qu’on utilise habituellement pour des cérémonies. Il est écrit Estennes ch(evalier) de Mo(n)cler. Le texte est écrit en écriture onciale qui est une forme d’écriture typique du Moyen Age. Le sceau est rond et mesure 30 millimètres. Il est en cire naturelle. Ce sceau est accroché sur un acte de donation par Etienne de Montcley, chevalier, à l’abbaye de Bellevaux de deux maisons situées à Avrigney en 1294.  Le contre-sceau est armorié d’un écu portant les armoiries de Montcley limité par un filet légendé : secretum meum en lettres onciales.

En savoir plus

Le sceau est une empreinte en relief laissée en général dans de la cire (pure ou mélangée à d’autres ingrédients pour la durcir) ou du plomb qui a été coulé dans un moule métallique appelé la matrice ou un moule en pierre. Le sceau a plusieurs fonctions. Il sert à authentifier un acte, à affirmer une propriété ou à garantir l’intégrité d’un contenue ou le secret d’un texte. Le sceau a une dimension qui varie en fonction de l’importance de son propriétaire. En moyenne le sceau d’un seigneur varie de 6 à 7 centimètres. Sa couleur est en général celle de la cire naturelle qui fonce avec le temps et devient brune. Parfois le sceau est teint en vert ou en rouge. Pour apposer le sceau on utilise une matrice qui est un objet gravé en creux avec lequel on réalise l’empreinte dans la cire. La légende écrite sur le pourtour du sceau permet de connaitre l’identité de la personne. La lecture de la légende débute en haut et est marquée d’une petite croix ou d’une étoile. Les mots sont souvent abrégés pour permettre d’en placer un grand nombre. Jusqu’à la fin du XII ème siècle on utilise exclusivement le latin. Progressivement le français apparait dans les noms propres puis dans le reste de la légende.

Contexte

Le système féodal 

Les relations féodo-vassaliques 

Sous l’Empire carolingien, les liens de fidélité d’homme à homme étaient fondamentaux. Les comtes prêtaient serment au souverain carolingien, ce qui engageait leur fidélité vis-à-vis du pouvoir central. 
À partir des IXe-Xe siècles, profitant de l’affaiblissement du pouvoir carolingien, les hommes les plus puissants, les comtes, imposent leur pouvoir sur leur territoire. À leur tour, les châtelains accaparent le pouvoir et l'exercent sur leurs terres. 
Aux Xe-XIe siècles la pyramide féodale se met ainsi en place. C’est l’ensemble des relations entre seigneurs et vassaux. 
Au service des seigneurs, les vassaux s'engagent lors de la cérémonie de l'hommage à leur être fidèles, à leur porter l'assistance militaire ou financière et à les conseiller. 
En échange, le seigneur accorde au vassal un fief. Il s'agit la plupart du temps d'une terre. Ces fiefs deviennent héréditaires. Seigneurs et vassaux forment une noblesse. 

La domination des seigneurs sur les paysans 

Pour les paysans, les nobles sont leurs seigneurs, les maîtres de la terre. 
L'autorité du seigneur s'exerce sur un territoire appelé « seigneurie ». Son château manifeste dans le paysage sa puissance et son rôle protecteur. 
Le droit de ban donne au seigneur le pouvoir d'ordonner, de contraindre et de punir. À ce titre, il peut exercer la justice, la police et lever des impôts. Il oblige les paysans à utiliser son four ou son moulin en échange du paiement des « banalités ». Lorsqu'une infraction est commise, la sanction est souvent une amende, payée au seigneur. 
La seigneurie est divisée en deux parties. 
Dans la réserve, toute la production revient au seigneur. Les paysans y effectuent gratuitement tous les travaux : ce sont les corvées. 
Les tenures sont des terres concédées aux paysans en échange de services et d'impôts. Le seigneur prélève le champart, une partie de la récolte du paysan et le cens, un impôt en argent. 

Deux catégories de paysans 

La condition des paysans varie. Les vilains sont libres et peuvent quitter la seigneurie. Les serfs sont attachés de génération en génération à la terre de leur seigneur. Leur héritage revient, à leur mort, au seigneur. S'ils veulent se marier hors de la seigneurie, ils doivent payer une taxe, le formariage. 
Mais quelle que soit leur catégorie, la domination des seigneurs pèse lourdement sur tous les paysans. 

 

 

 

close

Abonnez-vous à notre lettre d'information !

et restez informé(e) de l'actualité du site

retour