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La gare de la Bédugue

Dole | Jura | Médiathèque de Dole | 1883
Époque contemporaine | L'âge industriel

© Archives départementales de Dole, 1Z27

Ce document est la couverture d’une liasse de plans de plusieurs dizaines de pages. Elle présente l’ensemble des maisons de garde barrière et des gares qui sont à construire sur la ligne de chemin fer Dole-Poligny. La gare de la Bédugue est le premier arrêt en périphérie de Dole. Cette ligne ouverte en 1884 accueille des trains de fret et de passagers. Elle doit rapprocher les villes du Revermont et la plaine jurassienne des zones économiques de Dole et Dijon. Les plans prévoient une grue et une halle de marchandises, la gare a vocation à approvisionner une usine de radiateurs. On peut supposer que le chemin de fer permettait de transporter la production de l’usine, mais aussi d’y faire venir du charbon nécessaire aux machines à vapeur, ou tout autre produit nécessaires à la production. Un bâtiment voyageur est également prévu. La ligne est aussi connue sous le nom de « ligne présidentielle » parce qu’elle a été initiée par Jules Grévy président de la IIIème République de 1879 à 1887. Originaire de Mont-sous-Vaudrey, il y résidait les fins de semaines.

En savoir plus

Une fois initiée par l’Etat et achevée, cette ligne de chemin de fer est exploitée par la compagnie du PLM (Paris-Lyon-Méditerranée) comme la majorité des lignes de la région. Au XIXème siècle, l’Etat investit beaucoup dans la construction du chemin de fer en France. Dans les années 1860 les lignes principales sont construites. Viennent ensuite de nombreuses lignes secondaires de liaisons locales. La ligne de Dole à Poligny est de celles-là. Elle dessert Dole Gare, la Bédugue, Parcey, Souvans, Mont-sous-Vaudrey, Aumont, Poligny. Nous ne savons pas qui l’a construite ni qui est l’entrepreneur évoqué dans les plans. Cette ligne de train a disparu aujourd’hui mais le bâtiment de la gare est encore debout. Elle a été fermée aux voyageurs en 1938 mais le fret y a circulé jusqu’en 2005 sur sa partie doloise. L’étude des plans montre un bâtiment aux formes reconnaissables, le fronton, les piles d’angles, les corniches d’étage, les encadrements de fenêtre. La gare du XIXème ressemble beaucoup à l’école-mairie de la IIIème République. Le paysage du quartier reste marqué par cette période. On observe une école, des anciennes usines devenues salles de sport, des grandes cheminées en briques toujours debout. Sur l’ancienne ligne, gares et maisons de gardes barrières sont devenus des logements, mais la plupart conservent cette identité des façades de la fin du XIXème. L’ancienne ligne de chemin de fer, a été transformée en piste cyclable en 2021.

Contexte

La révolution des transports accompagne l'essor de l'industrie depuis la fin du XVIIIe siècle. Le train naît du chemin de fer utilisé dans les mines anglaises. Le charbon est d'abord évacué dans des wagonnets tirés par des chevaux sur des rails de bois puis de fonte ou de fer. Le cheval de traie est ensuite remplacé par un treuil actionné par la machine-vapeur de Watt. Le système se modernise et le mouvement circulaire de cette machine est désormais transmis directement aux roues d'un chariot mobile circulant sur les rails. La première locomotive transporte 30 tonnes à 6 km/h. Le Français Seguin invente en 1827 la chaudière tubulaire. Sa locomotive « Rocket » transporte 20 tonnes de chargement à 45 km/h.Rapidement, dès 1830 en Angleterre, 1837 en France, des petites lignes pour voyageurs sont ouvertes : Liverpool-Manchester, Paris-Saint-Germain. Les entreprises privées investissent car le chemin de fer rapporte beaucoup d'argent. L'État intervient également lorsque l'initiative privée fait défaut. Le chemin de fer est un outil politique car il permet de structurer et d'unifier un territoire. Le succès est rapide : 23 000 km de voies ferrées en Europe en 1850 dont plus de 10 000 en Angleterre. La politique modernisatrice de Napoléon III entraîne un essor sans précédent du réseau de chemin de fer en France. De 3 000 km en 1852, on passe à 18 000 km vers 1870 ! Le coût du transport est 3 à 4 fois moins élevé que par la route. Il reste plus coûteux que la voie fluviale mais il permet de surmonter la contrainte du gel ou de la sécheresse. Il est bien plus rapide. Le train transforme l'économie et la société. Il accroît la mobilité des hommes. Il désenclave le marché du travail à l'échelle européenne. Les migrations sont facilitées. Le marché national est unifié. La rapidité des transports permet d'acheminer facilement des marchandises d'un territoire à une autre. Certaines régions se spécialisent : le Languedoc vend son vin dans toute la France.

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