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Henri Bourlier, dit “Tito”

Blussangeaux | Doubs | 1944
Époque contemporaine | La guerre au XX ème siècle

Henri Bourlier
© Musée de la Résistance et de la Déportation. Besançon

Un engagement précoce dans la Résistance

Né à Blussangeaux en 1918, Henri Bourlier fait son service militaire en 1938. Caporal-chef au début du conflit, il est fait prisonnier en Alsace en juin 1940. Il s’évade et rentre chez lui à Blussangeaux où il commence à récupérer, avec son père, armes et munitions abandonnées lors de la campagne de France. En 1942, il constitue un groupe de jeunes gens décidés à « faire quelque chose ». Il entre en contact avec Londres par l’intermédiaire d’un résistant montbéliardais. De la fin 1943 au début 1944, il tisse un réseau de renseignement et recrute des partisans.

L’action

Dès le mois de mars 1944, il commet son premier sabotage ferroviaire. Le 1er mai 1944, après plus de six mois d’attente, le groupe reçoit un parachutage de 21 containers de matériel. Le 5 juin au soir, quand arrivent les messages ordonnant à la Résistance de passer à l’action, le groupe est prêt. Henri Bourlier prend alors le maquis sous le pseudonyme de “Tito”, en référence au héros de la résistance yougoslave, réputé pour sa mobilité. Les hommes du groupe Tito ont à leur actif une série d’attentats contre l’ennemi et ses moyens de communication. Le premier a lieu le 19 mars 1944, ils font sauter le pont de Médière. Du 5 au 22 août, ils exécutent 16 missions de destructions ferroviaires entre Clerval et Montbéliard sans une seule perte. Puis, sur ordre, le groupe rejoint le maquis du Lomont et participe à la guérilla.

L’amalgame

Le 21 septembre, derrière son chef, le groupe s’engage – sauf 8 de ses membres – dans la 1re armée française. Ils participent à ce que l’on appelle l’amalgame et sont incorporés au RICM (Régiment d’infanterie coloniale du Maroc), élément de la 9e DIC (Division d’infanterie coloniale). De là, ils prennent part à l’offensive pour la libération du pays de Montbéliard, puis de l’Alsace avant de pénétrer en Allemagne… A la fin du conflit, Henri Bourlier suit son unité qui part combattre en Indochine. Il est mortellement blessé le 25 décembre 1946.

Découvrez dans l’onglet “compléments” les étapes de la libération de la Franche-Comté

Visionnez la série “Les journaux intimes de la libération”, 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté. Le groupe Tito est cité dans les épisodes 2 et 7.

En savoir plus

Le plan Vert

Le plan Vert est l’un des plans mis au point par l’état-major interallié et l’état-major national des FFI pour coordonner l’action de la résistance intérieure au moment du débarquement en Normandie. On peut distinguer les plans Vert : sabotages des voies ferrées ; Jaune : attaques insurrectionnelles ; Rouge : attaque des dépôts de munitions ; Noir : attaque des dépôts de carburants ; Bleu : sabotage des lignes à haute tension ; Violet : sabotage des lignes téléphoniques ; et enfin le plan Tortue : neutralisation des convois ennemis sur la route. La mise en application de certains plans, tel le Vert, pose des problèmes à la Résistance car il ne faut pas que les coupures soient irréversibles afin de ne pas gêner l’utilisation des voies par les troupes libératrices le moment venu. Les interruptions de trafic provoquées par les sabotages ne durent parfois que quelques heures, mais elles peuvent atteindre plusieurs jours. En Franche-Comté, la « bataille du rail » aboutit à la fermeture définitive des lignes Besançon-Vesoul et Besançon-Mouchard. La ligne Besançon-Montbéliard est coupée pendant plus de deux mille heures entre juin et août 44.

Contexte

La Libération

La France libre, organisée par le général de Gaulle, combat aux côtés des Alliés depuis l’été 1940. Elle prend part en 1943-1944 à la libération de l'Europe.

Ainsi, les Forces Françaises Libres (FFL) participent en novembre 1942 au débarquement en Afrique du Nord, le 6 juin 1944 à celui de Normandie et enfin à celui de Provence le 15 août 1944. Leurs troupes sont en partie composées de soldats des colonies d'Afrique.

Parallèlement, en 1942, Jean Moulin, envoyé du général de Gaulle, assure le lien entre la Résistance extérieure de la France libre et la Résistance intérieure, parfois avec difficulté. La Résistance intérieure accepte finalement l'autorité du général. Les mouvements de Résistance sont unifiés au sein du CNR, le Conseil National de la Résistance. En plus de l'organisation de la Libération, son programme prépare les grandes réformes de la France de l'après-guerre.

En novembre 1943, de Gaulle préside le Comité français de libération nationale qui se transforme le 2 juin 1944 en Gouvernement provisoire de la République française.

Les FFI (Forces Françaises de l'Intérieur) et les FTP (Francs-Tireurs et Partisans) aident par leurs sabotages et leurs renseignements l'offensive des Alliés. Ils freinent l'armée allemande et désorganisent ses opérations.

Les résistants libèrent certaines régions comme le Sud-Ouest, les Alpes ou le Jura. L'armée allemande réagit avec une violence extrême. Elle se livre à de terribles exactions comme à Oradour-sur-Glane, dans la Haute-Vienne, où une division SS abat ou brûle vifs 642 villageois et réfugiés, dont 240 femmes et enfants.

C'est la Résistance intérieure qui organise en août 1944 la libération de Paris, qui n'était pas prévue par les Alliés. L'opération se déroule en relation avec la deuxième division blindée du général Leclerc, qui se dirige en toute hâte vers la capitale. Le 26 août 1944, le général de Gaulle défile dans Paris libéré. Il descend les Champs-Élysées en triomphateur. Personne ne conteste son autorité.

Des poches de résistance allemande subsistent jusqu'au printemps 1945 où la totalité du territoire est enfin libérée.

Complément(s)

Image(s)

Photo du journal de marche du groupe Tito

Photo du journal de marche du groupe Tito. Le journal s’ouvre par une brève présentation des membres du groupe.

Photo du journal de marche du groupe Tito

Photo du journal de marche du groupe Tito. Récit de l’opération du 4 août 1944.

Photo du journal de marche du groupe Tito

Photo du journal de marche du groupe Tito. Le journal s’ouvre par une brève présentation des membres du groupe.

Photo du journal de marche du groupe Tito

Photo du journal de marche du groupe Tito. Récit de l’opération du 4 août 1944.

Le groupe Tito en juillet 1944

Le groupe Tito en juillet 1944. Le groupe Tito, du nom de son chef, opère dans la région de L’Isle-sur-le-Doubs (25). Cette photo date de juillet 1944. Au-dessus, de gauche à droite : Fellner, Fromageot, Bataille, Cusenier, Arbou, Paemelaire et Morel. Assis devant : Raby, Bouteiller, Duroy, Beaudoin, Tutey, Choulet, Baumlin.

 

Document(s)

Extraits du journal de marche du groupe Tito

Ce journal de marche, véritable carnet de bord du groupe, a été tenu du 3 juin 1944 au 10 février 1945. Il est actuellement conservé au musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon.

© Musée de la Résistance et de la Déportation. Besançon

Visualiser

Vidéo(s)

La vie quotidienne du groupe Tito

Entretien mené par Françoise Leboul – 2 minutes Production Mémoire de la Résistance dans le Doubs et Musée de la Résistance et de la Déportation de Besançon Michel Bataille n’avait pas 20 ans lorsqu’il s’engage dans le groupe Tito. Il raconte la vie quotidienne et la soif d’engagement et d’action des jeunes résistants.

Association Mémoire de la Résistance dans le Doubs et Musée de la Résistance et de la Déportation

Les journaux intimes de la libération : l’espoir enfin (printemps 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 1 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté Printemps 1944 : l’Occupation dure depuis plus de quatre ans. L’armée allemande, qui n’arrive pas à détruire les maquis, accroît ses représailles sur la population comtoise, en particulier dans le Jura. Enfin la nouvelle arrive par la radio suisse : le débarquement de Normandie a réussi.

© CRDP de Franche-Comté, 2005

Les journaux intimes de la libération : Le plan vert

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 2 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté Un message de la BBC lance le plan Vert : la résistance comtoise est chargée de saboter un maximum d’installations ferroviaires, afin de freiner les déplacements des troupes ennemies. Henri Bourlier – dit Tito – et son groupe de FFI commettent dix-sept attentats sur la ligne Clerval-Voujeaucourt.

© CRDP de Franche-Comté, 2005

Les journaux intimes de la libération : Ils arrivent (15 août 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 3 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté L’armée américaine et la 1ère armée de de Lattre débarquent à Toulon le 15 août 1944. En deux semaines, elles remontent la vallée du Rhône. Les Allemands semblent en déroute : le Jura et la haut-Doubs sont libérés en quelques jours. On assiste à des scènes de liesse.

© CRDP de Franche-Comté, 2005

Les journaux intimes de la libération : Besançon libéré (7 septembre 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 4 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté Guidée par les FFI bisontins, l’armée américaine utilise le dernier pont encore entier (celui d’Avanne) et prend la ville après trois jours d’accrochages violents. Mais déjà les choses vont moins vite…

© CRDP de Franche-Comté, 2005

Les journaux intimes de la libération : l’essoufflement (mi-septembre 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 5 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté Mi septembre 1944, le front se stabilise entre Besançon et Montbéliard. Changement d’attitude des Allemands, qui cessent leur retraite et se mettent à résister. L’armée américaine part pour les Vosges. De Lattre doit attendre du ravitaillement et des renforts.

© CRDP de Franche-Comté, 2005

Les journaux intimes de la libération : Le blanchiment (septembre-octobre 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 6 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté Face à la perspective d’une guerre de position qui pourrait durer tout l’hiver, les soldats d’Afrique noire sont relevés.

© CRDP de Franche-Comté, 2005

Les journaux intimes de la libération : L’amalgame (septembre-octobre 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 7 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté Pour compenser le départ des Américains et la relève d’une aprtie des troupes coloniales, 50 000 FFI sont intégrés à l’armée de de Lattre.

© CRDP de Franche-Comté

Les journaux intimes de la libération : La terrible attente (25 septembre-19 novembre 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 8 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté Du 25 septembre au 19 novembre 1944, Champagney a le malheur d’être sur la ligne de front côté allemand. Ses habitants, terrés dans leurs caves, vivent 54 jours sous les bombardements.

© CRDP de Franche-Comté, 2005

Les journaux intimes de la libération : De Gaulle – Churchill (11 novembre 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 9 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté Premier visiteur étranger depuis la reconnaissance tardive de de Gaulle comme chef de gouvernement, Churchill se rend à Maiche avec ce dernier. Les plans de l’offensive finale sur Belfort leur sont présentés.

© CRDP de Franche-Comté, 2005

Les journaux intimes de la libération : Libres ! (15 au 28 novembre 1944)

Une série de 10 films courts sur la libération de la Franche-Comté Épisode 10 Réalisation : Georges Nivoix – 2 minutes © CRDP de Franche-Comté L’attaque française prend l’ennemi par surprise : en une semaine Montbéliard puis Belfort sont libérés. Les troupes allemandes ont de nouveau l’initiative pendant quelques jours, puis sont finalement encerclées. Toute la Franche-Comté est libre.

© CRDP de Franche-Comté, 2005

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