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Des fontaines pour Besançon

Besançon | Doubs | Bibliothèque d'étude et de conservation | 1457
Époque moderneMoyen Âge | Sociétés médiévales

Des fontaines pour Besançon
© Bibliothèque municipale de Besançon

Les eaux des fontaines

A l’époque gallo-romaine, Besançon est déjà dotée d’une distribution en eau permettant d’alimenter les fontaines. La cité dispose également d’un réseau d’assainissement. L’aqueduc a sans doute été détruit au Vème siècle. La première trace de travaux d’alimentation en eau au Moyen Age est cette délibération municipale datée du 14 février 1457. Le magistrat de Besançon décide de la mise en place de quatre fontaines pour alimenter le quartier Battant qui s’est fortement peuplé et où l’utilisation des puits est limitée par l’altitude et la nature rocheuse du sol. Les quatre premières fontaines publiques se situent à l’actuelle place Jouffroy, à la place Bacchus, en Charmont et à Arènes.
Pour les alimenter, les sources de Fontaine-Argent sont dérivées avec des canalisations essentiellement constituées de troncs d’arbres évidés appelés bournels. Ces travaux sont réalisés aux frais des bénéficiaires : “tout ceulx de delà du pont”. Ces derniers ne doivent donc pas être imposés pour les futures fontaines de deçà le pont, c’est-à-dire la Boucle.

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Eaux propres, eaux sales

L’alimentation en eau était difficile à cette époque. Elle pouvait se faire à des puits où les habitants pouvaient recueillir l’eau de pluie dans des citernes ou l’eau de la rivière. Quant aux eaux usées, elles coulent dans la rigole centrale de la rue pour aboutir à la rivière ou à un puits perdu. On utilise parfois des fossés peu profonds recouverts de planches censés faciliter l’évacuation des eaux qui ne font que repousser le problème sur la rue voisine et s’engorgent régulièrement de détritus en dépit des interdictions.
En effet dès le Moyen-âge, les autorités municipales promulguent de nombreux édits relatifs à la propreté des rues. Le produit des vidanges des puits perdus et des fosses d’aisance peuvent être utilisés comme engrais ou portés à la rivière, mais pas jetés à la rue dont les rigoles centrales sont destinées aux eaux pluviales et ménagères.
Ces règlements établissent des normes de salubrité pour certaines professions comme celle des bouchers. Le renouvellement régulier de ces édits montre la difficulté à les faire respecter. Selon une ordonnance de 1528, les déchets les plus polluants doivent être portés au Doubs. Les berges de la rivière servent tout à la fois de lieu d’élevage porcin, interdit dans le centre-ville et de réceptacle pour tous les cadavres d’animaux de la ville.
En 1541, trois fontaines sont érigées le long de la Grande rue. De rares Bisontins bénéficient du privilège d’une alimentation en eau particulière. Des “filets d’eau” dérivés de la conduite principale sont accordés part la ville et le premier à en bénéficier est Nicolas Perrenot de Granvelle en 1549. Ce filet d’eau est soustrait à la fontaine Saint Quentin pour alimenter une fontaine au milieu de la cour intérieure du palais.

D’après un texte d’Annie Reniaux, archives de Châlons-sur-Saône

Contexte

L’urbanisme médiéval Les villes médiévales sont souvent entourées de remparts. A l'intérieur, les rues sont sinueuses, rarement pavées. Il n'y a pas de trottoir. Paris, où le roi Philippe Auguste fait paver les rues pour embellir sa ville, est une exception. Il reste dans ces cités de nombreux espaces non bâtis qui sont cultivés (jardins, clos de vignes...). Les maisons, de bois et de torchis, souvent à colombages, s'entassent le long des rues étroites et sombres. Leurs étages en encorbellement sont plus larges que leur base au rez-de-chaussée. Ces demeures qui comptent en général deux à trois étages logent plusieurs familles. • Les fléaux de la ville au Moyen Âge L'hygiène est un grave problème pour la ville médiévale. La chaussée est vite boueuse. Il n'y a pas d'égout : détritus et eaux usées sont jetés par les fenêtres. Ils s'écoulent dans une rigole au centre de la rue. Les épidémies font des ravages. Les incendies frappent souvent les villes où le bois est le principal matériau de construction. • L’habitat des riches, nobles et bourgeois Seuls les plus riches construisent en pierre. En France, à la fin du XVe siècle, la brique, la tuile et l'ardoise sont d'usage plus fréquent. Le confort s'accroît, même pour les simples citadins. Des demeures aux fenêtres plus grandes se dotent de vitrages, souvent en forme de losanges. Les sols sont pavés. Certains s'équipent de fosses d'aisance et de latrines (toilettes). Chez les riches bourgeois et les nobles, l'habitation est partagée entre la salle et les chambres. Au rez-de-chaussée, la salle, dotée d'une grande cheminée, est consacrée aux fêtes, aux banquets et aux réunions de famille. Un escalier à vis mène à l'étage où se trouvent une ou plusieurs chambres. La chambre n'est pas encore une « chambre à coucher ». C'est un espace privé polyvalent, où l'on dort mais aussi où l'on travaille, lit, dîne, et où l'on reçoit. • Les édifices publics et religieux Aux habitations s'ajoutent les édifices publics et religieux, construits en pierre : cathédrale, églises, hôtel de ville et beffroi, halles, grande place...

Complément(s)

Image(s)

Plan des fontaines bisontines

Plan des fontaines bisontines.Localisez les fontaines de Besançon grâce à ce plan.

Le réservoir d'eau d'Arcier

Le réservoir d’eau d’Arcier.Ce cliché date du début du XX ème siècle. 

Site(s)

Extrait de la délibération du 14 février 1457

Le m[a]rdi jour de la feste de karesmantrant XIIIe jour de février lan q[ue] dessus 1457
Aujo[ur]d’hui mess[ires] les gouverneurs
deva[n]t nom[m]es sont estes tous
[défendeurs] q[ue] lon fasse venir
les fonte[n]nes de la du pont
cestass[avoir] la fonte[n]ne arge[n]t laq[ue]lle
fonten[ne] s[er[a au q[ua]rrefour de baptans
au pillory devant lostel de mess[ire]
Jacques [Mouchet] en Ch[ar]mo[n]t et devant
lostel de He[n]ry [Grenier] pourveu
que [tous] ceulx de de la le pont q[ue]
s[er]ont imposez po[ur] la fasson desd[ites] fonte[n]nes paieront et q[uand]
lon en fera deca le pont
ilz nen payeront [point].
Fait lan et jo[ur[ q[ue] dess[us].
(AMB, BB 6, f° 170)
(transcription in Prinet, Berland, Gazier, Inventaire sommaire des Archives communales antérieures à 1790, t.1, p.59)

 

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