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De l’hôpital à la Cité

Dijon | Côte-d'Or | 1204
Époque moderne | Le temps des rois

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En 1204, le duc Eudes III de Bourgogne fonde un hôpital aux portes de Dijon. Sa situation est à la fois stratégique et pratique : implanté le long de la route menant vers le sud et la vallée du Rhône, il est aussi installé sur une île au milieu de l’Ouche, permettant un isolement des lieux. Enfants abandonnés et pèlerins y sont alors accueillis par les Hospitaliers du Saint-Esprit. L’institution grandit au fil des siècles à la faveur du regroupement progressif des établissements de charité de la ville et devient au XVIIIème siècle le plus important hôpital dijonnais. Désormais dénommé “hôpital général”, il poursuit sa mission d’accueil et de soin jusqu’en 2015, date à laquelle les derniers patients et soignants rejoignent le nouveau site du Centre Hospitalier Universitaire, en périphérie de la ville.

Ces huit siècles d’histoire hospitalière demeurent profondément inscrits dans la pierre et dans l’espace. En 2022, l’ancien hôpital général cède sa place à la Cité internationale de la gastronomie et du vin, après 10 ans d’un important projet de reconversion. Les immeubles protégés au titre des monuments historiques sont restaurés à cette occasion et pleinement intégrés à ce nouveau complexe.

En savoir plus

L’hôpital du Saint-Esprit, fondé en 1204 par le Duc Eudes III, accueille les enfants abandonnés et les pèlerins. Il est composé d’une salle des malades, d’une église, d’un logis pour les religieux, de bâtiments de service et de jardins. L’ensemble est détruit vers 1780 et il n’en reste rien. De nombreuses constructions complètent l’hôpital initial : la Chapelle Sainte-Croix de Jérusalem, édifiée en 1459 et placée au milieu du cimetière, remplit une fonction funéraire ; en 1504, une salle des malades est construite, ornée en 1697 d’une grande façade sculptée représentant la Charité. En 1633, Pierre Odebert et son épouse Odette Maillard financent la construction d’un orphelinat qui prend le nom d’Hôtel Sainte-Anne. À la même époque, plusieurs corps de logis sont édifiés. Ils abritent le logement des hospitalières, une nouvelle apothicairerie, des dortoirs, des ouvroirs, des réfectoires, une boulangerie, une salle pour les vieilles femmes, un bureau, une cuisine. Administrés par la ville, ils forment l’Hôpital Notre-Dame de la Charité. En 1648, un arrêt du Parlement réunit les hôpitaux du Saint-Esprit et Notre-Dame-de-la Charité.

Dès 1643, une apothicairerie est mentionnée sur le site. Celle aujourd’hui remontée au sein du 1204 – Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine de Dijon date des années 1690. Elle est destinée au stockage et à la préparation des produits médicaux et remèdes. Elle possède une collection de pots en faïence, dont 60 datent de 1741. Les boiseries son inscrites au titre des monuments historiques, tandis que la collection de pots est classée. En 1720, Jean de Berbisey, Premier Président du Parlement de Bourgogne, procède à l’agrandissement de l’hôpital qui devient, au XVIIIe s., le plus important de Dijon.

Au XIXe siècle s’ajoutent au Sud le bâtiment de l’école de médecine (1838) et un dépositoire de plan rectangulaire, décoré d’un sablier et de torches retournées, évoquant le thème de la fin de vie. La grande chapelle est transformée en lieu de culte en 1842, coiffée d’un clocher-mur. L’activité hospitalière croît tout au long du XXe siècle et les nouvelles constructions se multiplient.  Après huit siècles d’histoire hospitalière sur le site, les derniers services sont transférés en 2015 au CHU, à l’Est, désormais Hôpital François Mitterrand.

En 2022, la Cité Internationale de la Gastronomie et du Vin constitue un nouveau quartier aux fonctions complémentaires : espaces culturels et de formations, logements, commerces, hôtels… Enjeu de reconversion d’un quartier de la ville, le projet signé Anthony Béchu, mêle bâti ancien et constructions contemporaines comme le Canon de lumière en acier corten, tourné vers la ville.

1204 – CIAP de Dijon / Ville d’art et d’histoire

Contexte

L’histoire de l’hôpital général obéit à l’évolution des logiques sanitaires dans les villes. Au Moyen-Âge, il est situé au-delà des remparts et séparé par des bras d’eau, à l’image des « maladières » ou « maladreries » de la grande peste. Le cimetière des pestiférés et les quartiers d’activités polluantes sont d’ailleurs proches (tanneries, teintureries, plus tard chimie…). Au XVIIe siècle, l’évolution du site correspond à la demande de Louis XIV (1662) de créer un hôpital général dans chaque ville et à la volonté de contenir la précarité, de la rendre moins visible (« Grand Renfermement » : « soigner, nourrir, instruire et relever le niveau moral des pauvres » ). Au XIXe siècle, les progrès de la médecine et de l’hygiène suscitent des interrogations sur les dispositifs traditionnels tels que les longues et hautes salles des malades. Ainsi, la grande salle des malades est réaménagée : un tiers du bâtiment est transformé en chapelle tandis que le reste du bâtiment est divisé en deux étages. A la même époque, le remaniement du corps de logis des soeurs permis de modifier les dispositions de la pharmacie et du laboratoire. Le XXe siècle est marqué par le départ du personnel religieux, mais aussi par la croissance démographique, l'extension des villes et le déplacement en périphérie des grandes fonctions urbaines. Le développement du CHU, proche du campus, à partir de 1962 et son affirmation progressive comme pôle hospitalier régional auront raison du site de l'hôpital général, soumis à des crues régulières et incompatibles avec les contraintes de gestion modernes.

Complément(s)

Document(s)

Le patrimoine ancien et contemporain de la Cité internationale de la gastronomie et du vin en 5 images.

Un diaporama en 5 images

Vidéo(s)

Au premier étage du 1204 – Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine, l’ancienne apothicairerie de l’hôpital général a été remontée après restauration. Dans ces boiseries du 17e siècle se nichent les pots à pharmacie grâce auxquels des générations d’apothicaires ont préparé des remèdes pour les malades.


Site(s)

La brochure « Dijon, Ville d’art et d’histoire » racontant l’histoire du site de l’ancien hôpital général.

Le site internet de Dijon, Ville d’art et d’histoire et du 1204 – Centre d’interprétation de l’architecture et du patrimoine de Dijon

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