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Compte-rendu de la Fête de la Révolution à Besançon

Besançon | Doubs | Archives départementales du Doubs | 1790
Époque contemporaine | Révolution française

Compte-rendu de la Fête de la Révolution à Besançon
© Archives du Doubs, L 53.

Le temps de la réconciliation

La cérémonie qui se déroule le 16 juin 1790 sur le champ de Mars bisontin (l’actuelle promenade Chamars) prend place dans une série de grandes fêtes civiques provinciales. Ce rassemblement des représentants du Conseil général, de la municipalité bisontine et des autorités militaires est l’occasion d’une fraternisation entre les troupes de ligne et les gardes nationales qui composent une milice de citoyens, devenus à cette occasion les gardiens de la future constitution. Le serment civique prêté par tous, autour de l’autel de la patrie, est présenté comme l’acte fondateur d’un temps nouveau : celui de la réconciliation de tous les Français et de la « régénération » du pays. La fête de la Fédération du 14 juillet 1790 à Paris, marqué par le serment du Roi à la nation et à la loi, fut le point d’orgue d’une multitude d’initiatives spontanées sur tout le territoire. La cérémonie bisontine qui emprunte au décorum de l’Antiquité montre tout autant la crainte de la réaction des « ennemis de la Constitution » que l’intensité des sentiments patriotiques.

En savoir plus

Des discours pour célébrer l’unité

Le récit de la fête civique bisontine est issu du compte rendu de la dixième séance du Conseil général du Doubs. L’institution est alors toute nouvelle. Les départements, dont le découpage date de la fin de l’année 1789, acquièrent une existence légale le 4 mars 1790. Afin d’administrer chacun d’eux, les citoyens actifs élisent une assemblée de 36 membres qui eux-mêmes désignent un président et un directoire exécutif permanent. Toutefois les départements n’ont aucune autonomie véritable. Ils exercent juste une sorte de pouvoir administratif et restent étroitement soumis au contrôle des pouvoirs législatif et exécutif de manière à ne pas recréer des entités locales trop fortes. Les questions abordées lors des séances de travail du Conseil général reflètent les débats du début de la Révolution : disparition des privilèges, séparation des pouvoirs, organisation de la force armée, constitution civile du clergé ou application des inventaires… Consciencieux, les administrateurs cherchent à diffuser les principes de la Constitution, notamment au moyen de fêtes civiques. Outre le président de l’assemblée départementale, deux autres personnages prennent la parole sur le champ de Mars bisontin le 16 juin 1790 : d’abord le maire de Besançon, P. F. Ordinaire, élu en janvier 1790. C’est un ancien avocat au Parlement, député de la ville aux États provinciaux et l’un des rédacteurs du cahier de doléances du baillage en 1789. L’autre est le Vicomte de Toulangeon, commandant général du régiment de cavalerie de Franche-Comté. Fidèle au roi, il s’exilera en juin 1792.

Contexte

1790 en France

L'année 1789 est chargée en événements. Les États généraux convoqués par le roi Louis XVI s’ouvrent le 5 mai. Dès le 17 juin, un certain nombre de députés se proclament Assemblée nationale. Devant le refus du roi de reconnaître cette situation, ces députés réunis dans la salle du Jeu de paume le 20 juin font le serment de doter la France d'une constitution. Une deuxième source de pouvoir apparaît en France : l’Assemblée nationale constituante. Après la prise de la Bastille le 14 juillet et la Grande Peur durant l'été, l’Assemblée, dans la nuit du 4 août, met fin aux privilèges. Il faut définir les bases d'une société nouvelle. Les grands principes en sont posés le 26 août avec la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen. Elle met en place des droits naturels comme la liberté individuelle ou l'égalité et affirme la souveraineté de la nation. Une multitude de journaux naissent alors, donnant lieu à une vie politique intense grâce à la liberté d’opinion. À la fin de l'année 1789, la famille royale revient à Paris sous la pression du peuple. Les députés commencent à réorganiser la France dans le cadre d'une monarchie constitutionnelle : parmi les textes importants votés durant l'année 1790, la création des départements ou la Constitution civile du Clergé. De nouveaux impôts sont créés, payables par tout le monde. Pour célébrer l'anniversaire de la prise de la Bastille, la Fête de la Fédération est organisée sur le Champ-de-Mars à Paris. Il ne s'agit pas de mettre en cause la légitimité du roi. C'est l’aspiration à une unité nouvelle pour la nation et un appel à un cadre stable, celui d’une monarchie constitutionnelle.

Complément(s)

Image(s)

Discours du maire à l'occasion de la fête de la Fédération (1)

Discours du maire à l’occasion de la fête de la Fédération (1). Première partie.

Discours du maire à l'occasion de la fête de la Fédération (2)

Discours du maire à l’occasion de la fête de la Fédération (2). Deuxième partie.

discours du maire à l'occasion de la fête de la Fédération (3)

discours du maire à l’occasion de la fête de la Fédération (3). Troisième partie.

Discours de Toulongeon prononcé à l'occasion de la fête de la Fédération

Discours de Toulongeon prononcé à l’occasion de la fête de la Fédération. Première partie du discours.

Discours de Toulongeon prononcé à l'occasion de la fête de la Fédération

Discours de Toulongeon prononcé à l’occasion de la fête de la Fédération. Deuxième partie.

Discours de Toulongeon prononcé à l'occasion de la fête de la Fédération

Discours de Toulongeon prononcé à l’occasion de la fête de la Fédération. Première partie du discours.

 

 

Discours de Toulongeon prononcé à l'occasion de la fête de la Fédération

Discours de Toulongeon prononcé à l’occasion de la fête de la Fédération. Deuxième partie. © Archives du Doubs

Site(s)

Dossier pédagogique sur la Révolution française en Franche-Comté

Un dossier complet et qui propose une approche régionale de la Révolution française.

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