André Richard, dit « Rodin » entre en Résistance
André Richard naît le 7 juillet 1922 à Saint-Claude et meurt le 20 février 1997. En 1943, il est concerné par le Service du travail obligatoire mis en place par le régime de Vichy. Le 10 mars 1943, il reçoit une convocation pour partir travailler, dans le cadre d’un système de réquisition de la main-d’œuvre française au profit de l’Allemagne nazie.
Face à cette obligation, André Richard refuse de partir. Le 15 mars 1943, il gagne la montagne avec d’autres jeunes réfractaires du Haut-Jura et rejoint les premiers groupes clandestins installés dans le secteur des Éterpets. Son choix marque son entrée dans la Résistance.
La pression administrative continue pourtant. Une relance lui est envoyée le 10 avril 1943, puis une lettre du préfet tente de faire céder sa famille par la menace et la culpabilisation. L’ensemble éclaire très concrètement le rôle de l’État français dans la traque des réfractaires et dans l’application locale de la politique de collaboration.
Malgré cela, André Richard poursuit son engagement dans les maquis du Haut-Jura jusqu’à la Libération.
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Son cas montre que l’entrée en Résistance n’est pas toujours d’abord le fruit d’un engagement politique formulé, mais peut naître d’un refus concret : ne pas partir, ne pas obéir, échapper à la contrainte.
D’abord, le recensement de mars 1943 l’inscrit dans les fichiers administratifs du STO. Cette première pièce montre la logique bureaucratique du système : identifier, enregistrer, convoquer, puis sanctionner les absents. Elle rappelle que la collaboration ne repose pas seulement sur des discours, mais aussi sur des procédures, des formulaires et des décisions préfectorales.
Son parcours permet de suivre, à échelle individuelle, le passage d’un jeune requis à un réfractaire, puis à un résistant. Le dossier montre qu’à Saint-Claude, ces convocations provoquent très vite des tensions locales, et que des femmes manifestent dès le 13 mars contre ces départs imposés. Ce contexte éclaire le refus d’André Richard comme un choix personnel, mais aussi comme un acte inscrit dans un climat local de rejet du STO.
Anne Cardinale, professeure d’histoire-géographie.
Contexte
Combattre et résister au temps de la Seconde Guerre mondiale
Les résistants de l'intérieur contre l’occupant nazi s'organisent en réseaux d'évasion et de renseignements pour les Alliés. Plus tard, ils mettent en place de la même manière des filières d'évasion à partir des frontières pour les juifs menacés de déportation. Ils diffusent des tracts et des journaux clandestins qui dénoncent les mensonges de la propagande des nazis ou du gouvernement de Vichy.
Des organisations structurées naissent en zone occupée comme les mouvements Ceux de la Résistance, Défense de la France, Libération-Nord, et dans la zone Sud, Combat, animé par Henry Frenay, Libération-Sud avec d'Astier de la Vigerie et Franc-Tireur...
En 1941, le Parti communiste entre dans la Résistance après l'invasion de l'URSS par l'Allemagne nazie. Il apporte à la Résistance son expérience de la clandestinité, son sens de l'organisation et ses nombreux militants motivés par leurs idées politiques. Les communistes et leur organisation militaire (Franc-Tireurs Partisans) organisent des attentats contre les Allemands, notamment des officiers. En représailles, les forces d'occupation exécutent des otages. Après 1943, de nombreux jeunes qui refusent le STO, service de travail obligatoire à effectuer en Allemagne, viennent grossir les rangs de la Résistance. Les maquis se développent.
Les attentats contre les transports de troupes et de marchandises vers l'Allemagne se multiplient. C'est la bataille du rail.
La répression allemande, aidée par les collaborateurs de Vichy, est impitoyable ; les résistants sont pourchassés, torturés, exécutés ou déportés.
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