Locomobile Millot
Cette machine à vapeur est montée sur roues pour être déplacée avec un attelage selon les besoins. Les roues muent par la vapeur sont donc celles situées sur le haut de la machine et qui étaient reliées par des courroies à différents engins. Cela pouvait être des machines agricoles (batteuses, moissonneuses) ou industrielles (utilisation attestée à la briqueterie de Chevigney-sur-l’Ognon – 70). Elle fonctionnait au bois et produisait une pression d’environ 3 bars permettant de produire 3 à 5 chevaux vapeurs. L’échappement de la vapeur du cylindre s’effectuait par une longue cheminée pour en favoriser le tirage.
En savoir plus
L’épopée industrielle des établissements Marland et Millot. L’histoire de ce site industriel débute en 1830 avec la création d’une fonderie et d’un atelier de construction mécanique par les frères Marland. Bien que leurs ambitions se soient heurtées à l’abandon d’un projet de haut fourneau, l’usine s’équipe dès 1838 d’une machine à vapeur. Un tournant décisif survient en 1856 lors de l’acquisition des locaux par Charles Millot. Sous l’impulsion de sa famille, l’entreprise s’oriente vers la construction mécanique agricole. La gamme de production devient impressionnante, incluant des batteuses, des moissonneuses et des locomobiles.
Entre 1880 et 1896, le site connaît une expansion structurelle majeure avec l’édification de nouveaux ateliers, de hangars et d’écuries. L’innovation technologique s’accélère dès 1892 par la fabrication en grande série de moteurs fixes destinés à l’industrie. Malgré une brève incursion dans l’automobile en 1898, la société privilégie son cœur de métier. À l’aube du XXe siècle, les établissements Millot atteignent leur apogée avec une production annuelle massive et un effectif qui compte environ un millier d’ouvriers. Ainsi, vers 1900, les Ets Millot et Cie produisent annuellement 1500 faucheuses, 150 moissonneuses-javeleuses, 900 moteurs à essence et 100 moteurs à pétrole lampant.
Devenue les « Anciens Établissements Millot » vers 1915, l’entreprise modernise encore sa fonderie en 1926. Cependant, après la Seconde Guerre mondiale, le déclin s’amorce. Reprise par la société Labourier, l’usine délaisse la fonderie pour la sous-traitance en mécanique générale. La fin du siècle marque la disparition physique du complexe : en 1983, la destruction de 12 000 m² de bâtiments laisse place à un supermarché. Un incendie en 1991 sonne le glas de l’activité, ne laissant que trois ouvriers. Aujourd’hui, les rares vestiges de cette puissance industrielle ont été convertis en bureaux et commerces, tandis que le parc de machines-outils, autrefois fort de 165 unités, appartient définitivement au passé.
Fabrice Barassi-Zamochnikoff, professeur d’histoire-géographie.


